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When should you stop ? This is the worst question when you are an illustrator. Because nothing tells you when to stop. Tonight, I decide that I went to the limits of my talent, but above all, that I managed what I wanted to do. So ... this artwork is finished.

30 Seconds to Eternity by psychee-ange



Je vous ai montré des illustrations que je fais pour un roman en cours qui s'appelle Héritages. Mais je ne vous ai pas raconté ce que c'était, donc voici :
Héritages,  ce sont les aventures pulp et érotico-SM LGBTQ d’Helen et Calliopé dans un 2015 alternatif, nimbé de mystère et de science-fiction, inspiré des idées d’Erdorin de Stéphane Gallay.

Résumé

La Troisième Guerre Mondiale n’a jamais eu lieu. Et personne ne le sait. L’arbre-Monde d’Erdorin s’est éteint et l’humanité poursuit sa vie mouvementée sur son bout de planète bleue sans savoir qu’autour d’elle, il y a des centaines de mondes habités par leurs ancêtres et cousins. Et que certains sont sur Terre. Depuis longtemps.

Enfin, presque personne ne le sait.

Calliopé est une archéologue, petite dernière d’une vieille famille roumaine avec beaucoup, beaucoup de secrets. Helen est une femme intrigante au passé tumultueux qui a l’air vraiment trop âgée pour son apparence.

Et toutes les deux vont découvrir que quand on commence à fouiller son héritage et en mesurer l’étendue des ennuis qui le suivent, il vaut mieux accepter de changer son regard sur le monde, et s’attendre à perdre bien des certitudes. Y compris sur soi-même.

Pour en savoir plus, retrouvez mon blog et le lien vers les chapitres de cette aventure !


Helemcalliope by psychee-ange
I work hardly on postures, anatomy, and lines simplification. Here is an example.


Two houres of speedpaiting in 10 minutes with using lot of new and old technics for a lovely result. This is Lisa, from my novel série les Chants de Loss.

International Day Against Homophobia & Transphobia


Tribute to 17 May by psychee-ange



One day to remember and discuss, one day to decide to act or let die.  One day to be human or don’t care about this part of humanity.  And for you who read this text : I am lesbian; I am transsexual. I am mostly a human, a woman, a feminist, an artist, a novelist. I am just a human being… I want to live in peace, security and freedom, like you. But, they kill us and put us in jail. They forbid us the rights of human beings; they forbid us to live in public. Because we are homosexual, not a crime, just a natural thing, a law of biology. Note a choice, just a fact and a peaceful and safe reality.

I want to live without fear. But I'm always afraid.

Share this and thank you very much.

- I am the girl kicked out of her home because I confided in my mother that I am a lesbian.
- I am the prostitute working the streets because nobody will hire a transsexual woman.
- I am the sister who holds her gay brother tight through the painful, tear-filled nights.
- We are the parents who buried our daughter long before her time.
- I am the man who died alone in the hospital because they would not let my partner of twenty-seven years into the room.
- I am the foster child who wakes up with nightmares of being taken away from the two fathers who are the only loving family I have ever had. I wish they could adopt me.
- I am one of the lucky ones, I guess. I survived the attack that left me in a coma for three weeks, and in another year I will probably be able to walk again.
- I am not one of the lucky ones. I killed myself just weeks before graduating high school. It was simply too much to bear.
- We are the couple who had the Realtor hang up on us when she found out we wanted to rent a one-bedroom for two men.
- I am the person who never knows which bathroom I should use if I want to avoid getting the management called on me.
- I am the mother who is not allowed to even visit the children I bore, nursed, and raised. The court says I am an unfit mother because I now live with another woman.
- I am the domestic-violence survivor who found the support system grow suddenly cold and distant when they found out my abusive partner is also a woman.
- I am the domestic-violence survivor who has no support system to turn to because I am male.
- I am the father who has never hugged his son because I grew up afraid to show affection to other men.
- I am the home-economics teacher who always wanted to teach gym until someone told me that only lesbians do that.
- I am the man who died when the paramedics stopped treating me as soon as they realized I was transsexual.
- I am the person who feels guilty because I think I could be a much better person if I did not have to always deal with society hating me.
- I am the man who stopped attending church, not because I don't believe, but because they closed their doors to my kind.
- I am the person who has to hide what this world needs most, love.
- I am the person who is afraid of telling his loving Christian parents he loves another male.
- I am the woman who was found dead on the street, because she had a wife
- I am the man who was thrown into jail, for getting assaulted when the police found that i was gay.
- I am the child who sleeps on the streets, because their parents wont let them back in.
- I am the boy who bears scars from the priest that was supposed to be rid of the demon that had taken hold of my soul.
-I Am the woman who was raped, and beaten because she didn't like men.
-I Am the hundreds of thousands of people who committed suicide, because they could not stand what they where.

Hop drawing in action !

My surprise, I'm really happy to show you this work! I think I'm finally beginning to learn to paint !

Pleasure-slave-by-Psychee by psychee-ange
When you see the surprise you will understand why I'm so happy. I succeeded and grew up my painting tech !

Et quand vous la verrez, vous comprendrez pourquoi j'ai fais la danse de la victoire en criant CHAUSSETTE autour de mon Cintiq tout en remerciant les esprits et les ancêtres du dessin, de la peinture et de la colo. J'ai levellé !

On m’a bien sûr demandé ce que je pouvais souhaiter dans la vie, et vu que nous sommes au début de l’année, c’est l’occasion de vous faire un aveu :

Je ne souhaite rien.

Ho, je ne vais pas vous retenir de me faire vos voeux de bonheur, de bonne santé, d’amour et tout le reste. Je vous les ai fais aussi. Mais je ne souhaite plus rien. Que pourrais-je souhaiter ? J’ai tout ce dont chaque être humain rêve ; ce bonheur qui n’existe que sous une seule forme : l’amour, inconditionnel, entier, si fort et si doux, puissant et chaleureux, si fusionnel et si simple à la fois, que nous avons tous souhaité et rêvé.

Elle se nomme Alysia. Je n’en parle que très peu. Elle aime sa vie privée, elle est discrète et réservée et elle fuit la célébrité. Du reste si un jour elle l’avait, je pense qu’elle commencerait par s’en débarasser. Elle est mon Ange, de toutes les façons possibles de le décrire. le A majuscule n’est pas plus là pour rien que ce mot auquel on donne tant de sens. Elle est un ange-gardien, paré d’ombres et de lumières. Elle est la personnification de l’adage qui dit qu’il faut aimer les gens avec des failles, car c’est par là qu’entre la lumière. Elle est une émanation de paix et une source de colère infinie. Elle est une personnification de l’amour et ne peut s’aimer elle-même. Elle est la modestie quand elle aurait tout pour s’onergueillir. Elle est mon pendant et pourtant ne me ressemble guère. Elle est ma chiralité.

Je n’ai rien à souhaiter. Je l’aime, infiniment. Je me drogue à son parfum, que je cherche dans ses vétements quand parfois elle me quitte quelques jours. Je me réveille en pleine nuit pour la chercher, et j’entends son souffle tandis qu’elle dort, me surprenant à sourire de bonheur, parce que ce son si simple devient à cet instant tout le sens de ma vie. Je la regarde rire, parler pour elle-même tandis qu’elle discute avec je ne sais qui sur son écran et le monde pourrait aller pourrir en enfer dans un déluge de feu que j’en aurais sans doutes à cet instant rien à foutre ; elle est là, je la vois vivre et c’est comme recevoir en prix la récompense d’une vie qui a trop souvent ressemblé à une bataille en zone de combat.

Que voudrais-je de plus ? Je ne veux rien pour moi, je n’ai pratiquement plus de rêves à réaliser, il n’en reste qu’un, le plus intime, partagé avec elle, et le reste ?… Le reste réponds seulement à la question que me posa un fantôme quand j’avais 15 ans et que je mourrai : qu’as-tu fais de ta vie ? Elle n’est pas la réponse à cette question, la réponse, c’est la raison d’être de ce blog, où je vous partage mes rêves écrits et dessinés.

Non… elle en est le moteur, elle en est le socle, elle est le colosse qui me tient à bout de bras, toujours derrière moi, me couvrant de sa chaleur, de sa protection et de son amour. Elle n’est même pas jalouse. Possessive, ô combien. Je lui appartiens et je le revendique. Je lui laisse le privilège unique, offert à nul autre, d’avoir part sur moi et d’avoir le dernier mot. Elle seule peut m’amadouer et me dominer. Comme une tigresse, une comparaison qui me va bien, qui a appris la confiance, la paix, et la caresse d’une main dont elle n’a rien à craindre et dont elle accepte de suivre les ordres.

Elle est mon cadeau. Et je tente de toutes mes forces d’être le sien… Ainsi, ces mots sont pour elle, et désormais vous savez qui elle est. Vous n’en saurez sans doutes jamais rien de plus, sauf les quelques amis qui la connaissent comme ils me connaissent.  Mais cette nuit, je voulais lui offrir un cadeau.

Le voici.

aly-et-axelle

    

-1 Celui qui cherche

Le soir éteignait ses dernières lueurs sur l’immense port qui paraissait sans fin, et semblait vouloir engloutir dans une forêt de mâts l’entièreté de la baie d’Armanth. Du côté des terres, aussi loin que la vue pouvait porter par-dessus les toits serrés en grappes des pâtés de maisons hautes, la cité-état s’étendait, en sautant de canaux en îlots jusqu’aux collines. Construite sur la lagune, la ville enjambait par son milieu le fleuve Argas, et grimpait en pente douce entre des jardins et des bois, pour grignoter le flanc de la falaise qui faisait office de rempart naturel à toute la façade nord de la cité.

Armanth était le plus grand port commercial de Mares Saeparent, les Mers de la Séparation, dont les berges accueillaient l’immense majorité des villes et des cités-états de Loss. Armanth en était la seconde plus grande dans tout l’hémisphère nord. Du moins pour ceux de cette planète qui savaient que, sous le ciel nocturne toujours barré de l’immense et brumeuse lune d’Ortentia, leur monde était sphérique.

Le soleil venait donc mourir en répandant ses derniers rayons sur la terrasse de bois d’une taverne sans fard. Bouge pour matelots et dockers, elle avait littéralement les pieds dans l’eau. À cette heure, y dansait sur une piste de sable, avec une lascivité fatiguée, une esclave défraîchie, mais audacieuse et pas maladroite, qui essayait de son mieux d’offrir un divertissement à ses rares spectateurs. Il n’y avait pas une demi-douzaine de clients à s’attarder sur elle. Tous las de leur journée de travail, ils goûtaient à la douceur du soir, après une journée d’été chaude et harassante. Avec la fin du jour se levait enfin une brise fraîche et bienvenue, pour souffler un peu les âcres puanteurs venues de la cité abritant plus de deux millions d’âmes. La taverne, miteuse, ne risquait pas de déborder de clientèle, et d’ailleurs seul le patron servait encore les clients qui s’attardaient à y boire son mauvais vin.

Debout sur la terrasse, appuyé nonchalamment à la rambarde en dédaignant comme à son habitude tables et tabourets, et sans doute le seul à vraiment regarder la danseuse, Jawaad buvait un thé qu’il ne pourrait jamais finir tant il était infect.

Sa contemplation solitaire fut interrompue par un des clients avinés de la taverne, sans doute un marin, qui après avoir quitté le comptoir d’une démarche qui ne laissait aucun doute quant à son ébriété, le rejoignit sur la terrasse. Il se planta devant lui, après l’avoir observé un bon moment, chavirant un peu, sans cacher sa curiosité :

— T’as un sacré beau bijou, là.

— Et ?... 

Jawaad leva son regard de la tasse au breuvage infâme, pour toiser l’importun. Il dépassait allègrement d’une tête son interlocuteur. Pour Armanth, c’était un homme de grande taille.

Jawaad avait un visage qui arborait les traits d’un métis à la peau mate. Il semblait être à moitié athémaïs, l’ethnie régionale, et à moitié du sang de l’un des peuples barbare du nord-ouest des Mers de la Séparation. Une impression d’impassibilité, et des expressions illisibles accentuaient encore une sorte de nonchalance arrogante. Un regard noir et incisif, une barbe de trois jours et une crinière de cheveux noirs soignés, mais à dessein en désordre, et lâchement retenus par un catogan achevaient le tableau. Il émanait de sa savante nonchalance feinte une aura de chasseur. Quelque chose de notoirement félin, qui évoquait clairement le prédateur. Si les Lossyans eussent été des lions et autres grands fauves, lui aurait pu être comparé au léopard. Celui qui sait que sa force tient dans sa capacité à frapper d’un coup, sans pitié ni avertissement.

Paradoxe supplémentaire, il n’avait pour toute arme qu’un coutelas de travail lacé au biceps dans son fourreau. Les Armanthiens sont fréquemment armés ; et en général, bien mieux que cela. Il portait des vêtements noirs et sobres : un kilt de lanières de cuir et de lin épais par-dessus un pantalon étroit, que retenait une large ceinture à poches débordante de divers outils, et un simple gilet discrètement brodé ouvert sur son torse nu. Des atours dont la richesse ou la qualité n’apparaissaient pas de visu pour qui ne connaît pas très bien les étoffes et les modes. Son seul apparat, finalement, était un pendentif de la taille d’une grosse pièce de monnaie, retenu par une chaîne à son cou  et qui, de près, évoquait un complexe astrolabe. Le motif eût d’ailleurs rendu perplexe tout astronome. Le bijou semblait fait d’un argent brillant et éclatant, enserré dans une châsse d’or rose.

De toute évidence, l’intrus, ivre comme une outre, qui venait le déranger fixait toute son attention sur le riche apparat en question.

— Hé ben, tu sais, j’connais plein d’gens qui s’raient vachement heureux d’avoir un truc comme ça. C’est qu’ça doit valoir cher.

— Et ?... 

— Hé bien moi, tu vois, je s’rai bien content de l’avoir dans la poche, ton bijou…

Jawaad ne fit aucun geste, sa tasse toujours en main. Un sourire de mauvaise augure se dessina, à peine discernable aux plis de ses lèvres. L’ivrogne devant lui fit alors mine de s’avancer, de manière menaçante.

Vêtu d’une tunique lacée de toile écrue, qui avait vécu des jours meilleurs, sur un pantalon bouffant élimé, assez sale pour tenir debout tout seul, il puait la saumure et l’alcool frelaté. Mais il portait un imposant poignard enfilé à sa ceinture. La lame faisait presque une longueur d’avant-bras.

Jawaad répliqua, toujours aussi impassible :

— Tu ne l’auras pas. Il vaut plus cher que ta vie, et c’est ce que tu perdras si tu t’y essayes.

Le marin était pratiquement sur Jawaad quand celui-ci se redressa brusquement, quittant son appui. L’ivrogne posa la main sur le manche de son poignard. Il n’avait pas grande raison d’hésiter ; aucun des clients de la taverne ne se donnerait la peine de venir au secours de sa cible. Il y avait sans doute de meilleures chances qu’ils attendent plutôt leur tour de piller le cadavre et se partager le butin.

Sur ces quais, dans la Basse-Ville, l’arrivée de la nuit coïncidait avec des rues désertées par les manants, les ouvriers et les patrouilles. Et il y faisait franchement sombre. Il était interdit d’entretenir toute lumière qui ne soit pas couverte dans toute la ville, à l’exception des plus grandes allées, et de l’Alba Rupes, afin d’éviter des incendies. Ils auraient aisément ravagé des pâtés de maisons entiers, la plupart étant construits de bois et de torchis. Autant dire que la nuit tombée, les bas quartiers comme celui-ci appartenaient à tout ce que l’ombre peut attirer de vermines et gredins ; et la garde se contentait de timides patrouilles et de ramasser les morts malheureux à l’aube.

L’ivrogne gronda d’une voix pâteuse, levant le bras pour saisir le bijou de Jawaad :

— J’vais l’avoir si j’veux, crevure ! Alors tu m’le donnes, ou j’le prends sur ta carcasse.

Il n’eut pas le temps de finir son geste. Il se prit le contenu de la tasse de mauvais thé en plein visage, sursautant de surprise. Et bien sûr, il ferma les yeux par réflexe.

Ce qu’il regretta la seconde d’après.

D’un geste vif, Jawaad l’interrompit en lui saisissant le poignet, lui assénant un coup de talon dans la rotule. Tout en le déséquilibrant d’une impulsion, il acheva de le sonner d’une terrible gifle sur l’oreille. L’homme était déjà hors de combat lorsque Jawaad le repoussa violemment du plat de la main, droit dans le plexus, qui l’envoya mordre la poussière à trois mètres de là.

Jawaad n’avait pratiquement pas bougé de sa position d’origine. Mais droit et alerte, alors que son adversaire crachait, toussait et étouffait lamentablement à terre, il fixa les entrées de la terrasse, puis la salle ouverte de la taverne. Une partie des clients au bar, en fait la moitié, s’intéressait soudainement à lui.

On attaquait rarement un maitre-marchand à Armanth. Et bien que Jawaad ne fit strictement pas le moindre effort pour afficher les toilettes exubérantes de ses confrères, et donc faire connaître son rang, il s’attendait en général à ce qu’on l’identifie comme tel.

Certains taxaient d’ailleurs régulièrement son assurance d’orgueil malavisé. Jawaad ne leur aurait pas donné tort. Il n’avait pas l’allure de ses pairs, mais il faisait quelque peu figure de légende eu égard à ses habitudes et les histoires courant sur lui. Il était donc relativement connu, et pas qu’en bien. Seul, donc, il devenait dans ces coins mal famés une proie tentante. Tout du moins pour des hommes qui ne réfléchissaient pas plus loin que le bout de leur nez. Attaquer un maitre-marchand, même imprudent, avait un peu des réputations de suicide par sbire interposé, à Armanth.

Se penchant sur son adversaire assommé, le maitre-marchand lui retira le large poignard à sa ceinture, tandis que le groupe au comptoir rejoignait à son tour la terrasse. Le patron qui les servait alla d’ailleurs prudemment s’abriter, sifflant pour appeler son esclave qui arrêta sa danse en le suivant précipitamment. Les clients restants décidèrent qu’il était grand temps de s’égayer eux aussi.

Cela ressemblait de plus en plus à un guet-apens.

Jawaad se tourna vers la rambarde, à l’opposé des hommes qui approchaient. Et jetant négligemment le poignard dans les eaux sales de la lagune, il se réinstalla pour attendre le petit groupe en croisant les bras, après un dernier regard sur les allées du quai de chaque côté. La situation allait clairement en s’envenimant.

Il étira pourtant un sourire en coin, totalement incongru.

Ils étaient quatre, et sûrs d’eux, à approcher le pas décidé. Mais cette fois, ce n’étaient pas des marins ivres. Ils auraient pu tromper au premier regard un observateur inattentif, affichant la dégaine de travailleurs des quais aux oripeaux sales et défroqués. Mais ils se déplaçaient avec méthode, entourant leur proie, comme des spadassins prêts à en découdre. Mains sur leurs armes, prêts à frapper, celles-ci étaient bien trop entretenues et riches pour leurs atours de haillonneux.

Le sourire en coin si assuré du marchand rendit perplexe l’un des hommes, mais il ne comprit pas de suite. Son collègue eut plus d’instinct. Il regarda à sa gauche, là où la terrasse débouchait sur les quais. Il avait vu le regard de Jawaad s’y attarder.

Cela lui sauva la vie.

Il vit surgir de la rue, chargeant tel un ghia-tonnerre en furie, un géant noir, qui dépassait de deux têtes tous les hommes présents. Il eut le temps de s’esquiver en perdant l’équilibre, mais se rappellerait longtemps cette sensation horrible d’avoir senti l’acier d’une lame énorme glisser contre son cou, et mordre sa chair avec une force colossale, tranchant dans le cuir de son col.

Son collègue, juste derrière lui, n’avait pas compris le sourire. Il n’eut jamais le temps de réaliser pourquoi sa proie semblait si confiante. Le cimeterre du géant, poursuivant sa course, lui trancha l’épaule jusqu’à lui broyer la cage thoracique et le poumon. Il mourut sur le coup.

En un instant, l’assurance des trois spadassins restants vacilla. Un autre homme, accourant derrière le géant noir, les chargeait lui aussi. Mais avant même d’arriver à leur contact, il balança le bras, et un poignard se ficha dans le torse du coupe-gorge qui était le plus éloigné de Jawaad. L’homme touché au cœur bascula par dessus la rambarde de la terrasse, pour pousser son dernier râle dans l’eau saumâtre.

En seulement quatre secondes, deux des hommes étaient morts, un troisième blessé. Le dernier assaillant, encore épargné, lâcha son arme qu’il avait à peine eu le temps de dégainer, et prit ses jambes à son cou, traversant la taverne désertée pour fuir par la porte donnant sur les rues. Il aurait vu un démon surgir des trous noirs de l’Abîme, qu’il n’aurait pas couru plus vite.

Damas allait l’épingler d’un autre poignard de jet, quand Jawaad leva la main pour arrêter son geste.

— Laisse-le courir.

— Quoi? Tu veux laisser un témoin en vie ?

Le maitre-marchand quitta son appui de la balustrade pour approcher le blessé à terre, qui fixait avec une terreur quasi religieuse Abba, le géant noir qui avait manqué le décapiter. Celui-ci était dressé au-dessus de lui, cimeterre levé, et à la folie meurtrière de son regard, il savait que sa vie était en sursis.

Jawaad répondit à Damas

— Oui. Il racontera ce qui s’est passé. et s’adressant au géant : Abba, non.

Le colosse noir baissa son arme, les veines du cou palpitant de rage. L’envie ne lui manquait pas d’achever salement l’homme qui avait tenté d’agresser son patron.

Abba était un homme à la peau noire des Franges. Vêtu d’un sarouel ample et chamarré, retenu par d’épais ceinturons, les cheveux noués en tresses innombrables, agrémentées de perles de verre colorées, il suffisait, quand on voulait le décrire, du qualificatif de géant, pour avoir tout dit. L’homme aurait pu avoir un peu plus de vingt ans, comme largement plus de trente, son visage était si puissant, empreint de bestialité, qu’il semblait trop sauvage et brutal pour lui donner un âge. Il était simplement massif, à tous points de vue. La plupart des portes n’avaient pas été pensées pour un gaillard si grand, et si largement bâti ; il était d’ailleurs fréquent dans un moment de distraction qu’il l’oublie, et se cogne.

Abba se tourna vers Jawaad, au-dessus de sa victime ; celle-ci aurait été à peine un peu plus épouvantée, elle se serait sans doute pissée dessus.

— T’es trop miséricordieux avec cette racaille. Au moins si je le finis, la leçon sera entendue clairement !

— La leçon est déjà donnée, Abba. Et il va la transmettre.

— Un cadavre est un bon message !

— Un cadavre ne parle pas assez bien.

Le marchand approcha du dernier spadassin au sol. Celui-ci venait de commencer à uriner dans ses braies. Jawaad le toisait avec indifférence, aussi calme qu’Abba semblait colérique

— Tu as entendu ?... La leçon est donnée. Tu sais quoi dire à ceux qui t’ont payé, toi et les autres. Transmets à tes patrons le salut de Jawaad le maitre-marchand, et dit-leur bien que qui tentera encore de me tuer ne verra jamais, lui, venir son assassin.

La taverne s’était vidée depuis belle lurette, si vite qu’il aurait été difficile de savoir où était passé le reste des clients. Même le marin ivrogne, qui venait de récupérer de sa rouste, s’éclipsa au plus vite, sous le regard particulièrement sinistre et inquiétant de Damas, qui hésita brièvement à le rajouter à son tableau de chasse.

 

***

 

 

De l’autre coté du bouge, un homme vit fuir et disparaître piteusement les uns après les autres les soudards qui avaient survécu à l’assaut de Damas et Abba.

Raevo n’était pas un spadassin, lui. Ou tout du moins, il en était une version autrement plus efficace, entraînée et discrète ; pour tout dire, le meilleur terme pour le qualifier eût été : espion. Savamment dissimulé dans la pénombre de la rue, alors que la nuit achevait de prendre ses droits sur la ville, il observait les dernières et rares allées et venues des retardataires se pressant de retourner au confort rassurant de leurs logis. Et qui ne tenaient pas du tout à savoir ce qui venait de se passer du côté de la terrasse de la taverne, et des trois hommes peu rassurants qui s’y trouvaient encore.

Prudent, Raevo n’avait pas jamais approché le maitre-marchand qu’il avait pour consigne de surveiller, depuis la veille. Pour apprendre les habitudes de sa proie, il faut toujours commencer modestement, et il était donc resté en retrait, invisible et toujours largement à distance pour disparaître à la moindre alerte. Les nuits claires d’été lui compliquaient un peu la tâche, car Ortensia illuminait alors sans nuages la pénombre. Mais rien qui n’aurait arrêté un homme de ses talents, qu’il comparait fièrement à un art, pour lequel il se faisait d’ailleurs grassement rétribuer. La proie qu’il avait donc charge d’étudier et surveiller, dans l’objectif de lui dérober discrètement ses moindres secrets, était sans conteste nantie de ressources dont il faudrait tenir compte.

Raevo s’était attendu à ce que le maitre-marchand ait de bons gardes du corps ; il n’était pas déçu. On devait même jalouser ces deux-là, vu leur efficacité. Les hommes de ce poids politique savaient s’entourer, Jawaad ne dérogeait pas à la règle. Mais Raevo avait été surpris de constater que le maitre-marchand n’hésitait pas vraiment à se passer d’escorte ; et pour cause. Même seul, ce n’était apparemment pas un gibier facile.

Maintenant, l’espion avait une exacte idée de l’ampleur de sa tâche, et de la manière de procéder. Il avait déjà une bonne estimation de la somme qu’il demanderait à son commanditaire pour poursuivre son travail. Raevo ne tuait jamais ; ce serait gâcher ses réels talents. Enfin... presque jamais, car de temps en temps, c’était une nécessité qui ne lui pesait pas tellement sur la conscience ; que la victime soit innocente ou non. Mais alors qu’il s’effaçait dans la nuit avec une telle aisance qu’un chat en aurait éprouvé de la jalousie, il souhaita d’une pensée ironique bien du plaisir à qui voudrait tuer Jawaad.

Quant à lui, il avait un rapport à faire. Et un contrat à négocier.

 

 

***

 

 

— Tu sais, Jawaad, une tête plantée sur une pique, c’est aussi un excellent message. Dommage qu’Abba ait raté son coup.

Damas s’adressa à Jawaad, en jetant un coup d’œil par-dessus la balustrade de la terrasse, pour voir s’il pouvait récupérer son poignard de jet. Ce qui était peine perdue. Il avait coulé avec le spadassin au fond de la baie. Et personne de sain d’esprit n’y serait allé nager, même en plein jour.

Damas était un homme fin, et de stature moyenne. En fait, il se serait facilement caché derrière Abba. Et même manteau et armes compris, on ne l’aurait plus vu. D’autres auraient dit de lui que Damas était de toute manière si fourbe qu’il saurait se cacher en plein milieu d’un Campo vide de foule. Ce n'était pas loin de la vérité, et cela l’amusait beaucoup.

C’était un Jemmaï, du peuple du Rift ; on n’en voyait pas beaucoup hors de leur territoire, réputé presque inaccessible et dangereux. Il avait la peau tannée, au visage taillé à la serpe ; une quarantaine d’années baroudées sous quelques Mères de Toutes les Tempêtes dont on peut se dire fier de sortir en vie. Des cheveux noirs, longs et filasses, entretenus à peu près comme on le peut quand on n’en a pas le temps ni vraiment l’intérêt, achevaient le portrait. Il portait toujours des vêtements amples, noirs comme sa tignasse, et un long kilt par dessus des pantalons, une mode fréquente pour les hommes.

Pour finir sur sa réputation de coupe-gorge, ajouté à son sabre bien visible au côté, Damas cachait sous ses larges vêtements quantité d’autres armes plus exotiques et dangereuses, comme ses poignards de jet, y compris un pistolet-impulseur.

Jawaad regardait Damas, qui abandonna très vite son idée de récupérer son arme, non sans pester. C’est qu’ils coûtaient cher, ses couteaux ! Il était très exigeant avec son matériel. Le maitre-marchand commenta enfin :

— Une tête tranchée ne parle pas.

Damas leva les yeux au ciel un moment, puis fixa Abba lui aussi un peu dubitatif, qui laissait partir le survivant blessé. Ce dernier bafouilla quelque chose de pas très clair qui devait être un "d’accord, bien compris, monsieur, très bien compris, merci de m’épargner", mais il ne s’attarda ni à tenter de rendre ses propos intelligibles, ni à séjourner une seconde de plus devant ces trois dangers publics, filant sans demander son reste, une main serrée contre la plaie de son cou.

Le géant noir lâcha un souffle qui supportait assez bien la comparaison avec le renâclement colérique d’un taureau, et se tourna vers son patron :

— Tu prends trop de risques, pourquoi nous donner rendez-vous ici. Tu as failli te faire tuer ?!

— J’avais des affaires...

— Si l’on n’était pas arrivé à temps, ça aurait pu mal finir !

— Vous êtes arrivés à temps...

Damas interrompit le dialogue de sourds. Comme de coutume, Jawaad semblait s’indifférer de l’incident, et le Jemmaï connaissait son patron : d’une part, celui-ci ne changerait de toute façon pas ses habitudes, même s’il avait eu tous les inquisiteurs de l’Hégémonie à ses trousses, d’autre part, il n’avait pas vraiment besoin d’armes en cas de gros pépin pour assurer sa protection :

— C’était qui selon toi, cette fois-ci ?

Jawaad mit un temps à répondre, laissant croire qu’il y réfléchissait, mais sa conviction était faite depuis qu’il avait constaté le guet-apens :

— Amarrus Lokaï, je pense.

Abba explosa :

— Quoi ?! Ce foutraille de rebut de fausse-couche de chienne galeuse, infoutu de reboutonner ses frusques sans deux esclaves pour lui tenir le bide ?

Le maitre-marchand acquiesça d’un signe de tête nonchalant :

— Aussi incapable de payer le bon prix pour assassiner quelqu’un qu’il l’est à gérer ses affaires. Je lui apporterai un présent en personne, pour le remercier de cette distraction.

Il fixa ses deux hommes de main, après un bref silence, et en vint à ce qui l’intéressait réellement, en changeant de sujet :

— Vous avez trouvé ?

Damas qui n’était pas vraiment très causant, lui non plus, laissa la parole à Abba, spécialiste concerné par la question, et qui les avait amenés à arpenter le port pendant toute la journée :

— Pas grand chose. Mais on a une cargaison de marchandises déjà dressées. Pour ce qui est de tes produits "spéciaux", y’a encore des marchands assez idiots pour essayer de me prendre pour un pigeon.

Damas étira un sourire amusé. Entre sa gueule taillée à la serpe, ses sourcils sombres et broussailleux et ses dents jaunies, l’aspect était plutôt sinistre.

— Tu sais ce qu’on dit. Plus c’est grand... commenta-t-il.

— Oui oui, ben on le dit pas deux fois avec moi. On a donc fait le tour des cages toute la journée, le Grand Marché de la Saison Haute sera plus propice, enfin je veux dire, les barbares, ça n’est pas ce qui se vend le plus. Et ça ne court pas trop les rues.

Damas, qui était au service du marchand depuis plus récemment qu’Abba, savait malgré tout depuis belle lurette l’intérêt que Jawaad portait à certains types bien précis de femmes barbares qui étaient capturées, et revendues sur le Marché aux Cages d’Armanth.

Les Lossyans appelaient barbare tout individu qui ne suivait pas les préceptes et la religion de l’Eglise du Concile. Par extension, tous ceux qui ne la connaissaient pas, et n’étaient pas habitants d’une cité-état, étaient donc des barbares, ne pouvant faire appel aux lois dites civilisées. On pourrait situer leur statut quelque part à mi-chemin entre les hommes et les animaux. Pour les Lossyans civilisés, les Dragensmanns du nord étaient donc des barbares, aussi bien que les tribus kwanhma cousines du peuple d’Abba, loin au sud, par delà le Rift. Par extension, un étranger aux coutumes d’Armanth, ou simplement à la foi du Concile, pouvait très bien s’il était malchanceux et en lieu et place d’un accueil hospitalier et chaleureux, être chassé comme un chien ou tout bonnement asservi.

La raison de cet intérêt de Jawaad pour les femmes barbares était difficile à saisir, d’autant qu’en général, devant les esclaves barbares mises en vente, il ne les achetait pas. Ou alors pour les revendre ; le maitre-marchand, comme beaucoup d’autres, en faisait commerce. Abba était d’ailleurs responsable de cette activité, puisqu’il était esclavagiste.

Jawaad cherchait bien quelque chose, mais sans aucune passion identifiable qui aurait alors pu donner une explication. Les collectionneurs d’esclaves sont monnaie courante, et il affichait une richesse qui lui offrait amplement les moyens de ce genre de caprices. Mais ça ne semblait pas non plus être sa motivation. Non, il cherchait quelque chose, mais sans n’avoir jamais trouvé utile de décrire le genre de barbare qu’il souhaitait trouver.

Jawaad n’expliquait que rarement ses actes et ses motivations, sauf si c’était absolument nécessaire. Il n’aimait pas parler, ce qui pourrait être vu comme un comble pour un négociant au rang politique aussi élevé dans Armanth. Si cela agaçait régulièrement Abba, cela convenait très bien à Damas. Il était payé, et plutôt bien. Il s’était habitué aux étrangetés de Jawaad -et elles étaient nombreuses- et le marchand et lui s’étaient amplement bien assez entraidés pour qu’il eût en lui la confiance d’un ami. Sans oublier cette dette... celle qui ne regardait que Jawaad et lui.

Mais sur ce coup, il fut curieux :

— Mais pourquoi tu cours après une barbare ? Ce n’est pas tellement ce qui manque d’acheter des captives dressées et éduquées, et ce n’est pas comme si tu n’étais pas déjà servi, avec ton Jardin des Esclaves ?

Jawaad n’eut qu’une expression pensive, regardant dans le vide en réponse, tandis qu’il se redressait pour, nonchalamment, retourner à son domaine vers les hauteurs de la ville.

— Parce qu’il m’en faut une.

Damas n’en sut pas plus, et Abba lui jeta un regard à l’air entendu. Visiblement, cette quête avait commencé depuis longtemps. Et même le géant noir n’avait jamais exactement su ce que son patron cherchait, sauf une chose.

Elle devait venir de la Terre.

www.loss.psychee.org/

Les Chants de Loss

« Loss est l’histoire d’une révolution.

Loss est une planète jeune, sauvage et rude, où la faune et la flore rivalisent de gigantisme. Loss est un monde vierge dont peu encore est exploré, et connu. Un monde hostile et flamboyant de vie. Un monde qui n’était pas fait pour les humains.

Loss est le nom d’un métal rare et précieux, qui a assuré le progrès de ces hommes importés sur cette planète, les amenant à une civilisation au flamboiement de la Renaissance. Il leur a permis de créer des navires lévitant, des dynamos électriques, et des armes à impulsion magnétique. Il a fondé leurs civilisations. Il  a donné aux hommes le moyen de créer des merveilles, mais tout autant de tragédies.

Mais, surtout, certains rares individus, en présence de ce métal, s’y accordent, comme un diapason fait résonner le verre, et apprennent soudainement à Chanter avec lui.

Le Chant de Loss permet de manipuler la gravité, et l’électromagnétisme. Il peut faire des miracles. Il peut changer le monde, et le détruire. Les Chanteurs de Loss ont failli anéantir leur espèce. Ils sont craints, pourchassés, et asservis. Si on les utilise, on ne leur permet plus d’exister.

Cependant, s’il est une leçon, que les terriens encore aujourd’hui arrachés à leur foyer, et leur planète, ont appris aux lossyans, et savent mieux que personne, c’est que rien n’est véritablement impossible aux humains, le pire comme le meilleur, dès lors qu’ils le pensent possible.

Loss est le récit de cette leçon, quand, pour survivre, ne reste que la révolte, et la révolution d’un monde tout entier. »


Les Chants de Loss est le nom d’un roman, et d’un univers fantastique. Naviguant entre sword & sorcery, et Da Vinci-punk, le monde de Loss s’apparente au courant du planet fantasy qui offre au lecteur aussi bien de suivre des aventures captivantes, que de découvrir et plonger dans un monde exotique et unique. Loss est un monde fictif et étrange où je vous invite à plonger avec moi, tandis que je l’écris, et l’explore en même temps que je vous le faire découvrir.

Pour écrire le roman : Les chants de Loss, j’ai du travailler – et travaille toujours ! -  sur l’univers lui-même, enrichi au fur à mesure que les pages du roman avancent ; régulièrement, je rédige un nouvel aspect du monde, et de ses secrets. Deux amis, enthousiasmés par mes notes sur l’univers de Loss, me suggérèrent que c’était un excellent contexte de jeu de rôle. Je ne sais pas si c’est vrai, mais je ne remercierai jamais assez mes amis et mes lecteurs qui me suivent et me soutiennent, et pour qui j’ai décidé de mettre sur ces pages, et dévoiler, en même temps que les pages de mon roman, l’univers de Loss.

Homophobia
Journal Entry: Thu Jun 3, 2010, 11:58 AM
-I am the girl kicked out of her home because I confided in my mother that I am a lesbian.
-I am the prostitute working the streets because nobody will hire a transsexual woman.
-I am the sister who holds her gay brother tight through the painful, tear-filled nights.
-We are the parents who buried our daughter long before her time.
-I am the man who died alone in the hospital because they would not let my partner of twenty-seven years into the room.
-I am the foster child who wakes up with nightmares of being taken away from the two fathers who are the only loving family I have ever had. I wish they could adopt me.
-I am one of the lucky ones, I guess. I survived the attack that left me in a coma for three weeks, and in another year I will probably be able to walk again.
-I am not one of the lucky ones. I killed myself just weeks before graduating high school. It was simply too much to bear.
-We are the couple who had the Realtor hang up on us when she found out we wanted to rent a one-bedroom for two men.
-I am the person who never knows which bathroom I should use if I want to avoid getting the management called on me.
-I am the mother who is not allowed to even visit the children I bore, nursed, and raised. The court says I am an unfit mother because I now live with another woman.
-I am the domestic-violence survivor who found the support system grow suddenly cold and distant when they found out my abusive partner is also a woman.
-I am the domestic-violence survivor who has no support system to turn to because I am male.
-I am the father who has never hugged his son because I grew up afraid to show affection to other men.
-I am the home-economics teacher who always wanted to teach gym until someone told me that only lesbians do that.
-I am the man who died when the paramedics stopped treating me as soon as they realized I was transsexual.
-I am the person who feels guilty because I think I could be a much better person if I did not have to always deal with society hating me.
-I am the man who stopped attending church, not because I don't believe, but because they closed their doors to my kind.
-I am the person who has to hide what this world needs most, love.
-I am the person who is afraid of telling his loving Christian parents he loves another male.
-I am the woman who was found dead on the street, because she had a wife
-i am the man who was thrown into jail, for getting assaulted when the police found that i was gay.
-I am the child who sleeps on the streets, because their parents wont let them back in.
-I am the boy who bears scars from the priest that was supposed to be rid of the demon that had taken hold of my soul.
-I Am the woman who was raped, and beaten because she didn't like men.
-I Am the hundreds of thousands of people who committed suicide, because they could not stand what they where.

If you believe homophobia should be stopped, please post this in your journal too. (The same Title and text)


[FRENCH TANSLATE]

L'homophobie
Entrée dans le journal : Jeu 3 juin 2010, 11h58
- Je suis la fille chassée de chez elle parce que j'ai confié à ma mère que je suis lesbienne.
- Je suis la prostituée travaillant dans les rues parce que personnes ne va embaucher une femme transexuelle.
- Je suis la soeur qui tient son frère gay dans ses bras qui pleure des larmes douloureuses toutes les nuits.
- Je suis l'enfant adoptif qui se réveille avec des cauchemars d'être enlevé à ses deux pères qui sont la seule famille aimante que je n'ai jamais eu, Je souhaite qu'ils puissent m'adopter.
- Je suis l'un des chanceux, je pense. J'ai survécu à une agression qui m'a laissé dans le coma pendant trois semaines, et dans un an je serai probablement capable de marcher à nouveau.
- Je ne suis pas l'un des plus chanceux. Je me suis tué, quelques semaines avant le lycée. C'était tout simplement trop lourd à porter.
- Nous sommes le couple qui a eu une agent immobilier qui nous a raccrocher au nez quand elle a découvert que nous avons voulu louer une chambre à coucher pour deux hommes.
- Je suis la personne qui n'a jamais su quelle toilette publique utiliser si je ne veux pas me faire convoquer par mes supérieurs.
- Je suis la mère qui n'est même pas autorisée à voir mes enfants, que j'ai enfanté, nourri et élevés. Le tribunal a dit que je suis une mère indigne parce que je vis maintenant avec une autre femme.
- Je suis la survivant de violences familiales qui a vu le système de soutien devenir froid et distant lors qu'il a découvert  que mon partenaire d'abus était aussi une femme.
- Je suis le survivant de violences familiales qui n'a pas trouvé de soutien dans le système parce que je suis un homme.
- Je suis le père qui n'a jamais embrassé son fils parce que j'ai grandi avec la peur de montrer de l'affection pour un autre homme.
- Je suis un professeur d'économie domestique qui a toujours voulu enseigner la gymnastique jusqu'à ce que quelqu'un me dise que seules les lesbiennes font ça.
- Je suis l'homme qui est mort lorsque les ambulanciers ont cessé de me soigner dès qu'ils ont réalisé que j'étais transexuelle.
- Je suis la personne qui se sent coupable parce que je pense que je pourrai être une bien meilleure personne si je n'avais pas à toujours traiter avec une société haineuse.
- Je suis l'homme qui a arrêté d'aller à l'église, non parce que je n'ai plus la foi, mais parce qu'ils ont fermé leurs portes à mon genre.
- Je suis la personne qui doit cacher ce dont ce monde à la plus besoin, l'amour.
- Je suis la personne qui a peur de dire à ses parents chrétiens et aimants qu'il aime un autre homme.
- Je suis la femme qui a été retrouvée morte dans la rue parce qu'elle aimait  une autre femme.
- Je suis l'homme qui a été jeté en prison, et se faire agressé lorsque la police a découvert que j'étais gay.
- Je suis l'enfant qui dort dans les rues, parce ses parents ne veulent pas le laisser revenir.
- Je suis la garçon qui porte des cicatrices du prêtre qui devait se débarrasser du démon qui avait pris possession de mon âme.
- Je suis la femme qui a été violée et battue parce qu'elle n'aimait pas les hommes.
- Je suis les centaines de milliers de personnes qui se sont suicidées, parce qu'elles ne pouvaient pas supporter ce qu'elles étaient.

Si vous croyez que l'homophobie doit être stoppée, s'il vous plait publiez cela dans votre journal (de la même manière : Titre, texte)
Si vous aimez voir mon travail en action, je vous invite à consulter mon blog: www.psychee.org/blog/
Le titre Un dessin par jour est en théorie son propos, j'y dévoile entre autre les étapes de mes illustrations, et leur suivi, ainsi que des découvertes d'artistes de divers milieux.
Toujours en vie, après une longue pause de dessin pour divers soucis de santé et je passe sur le reste, qui ont eu raison de ma créativité.....
Et oui, c'est reparti!
I redo my blog, I invite you to visit, it contains news, articles on art, computers, role playing games, anothers artistes and galleries of my work.
Warning: everything is in French however.


www.psychee.org/blog/
Ok, people have won, so I'll try to write my reviews and blog entries in English.
Obviously this is not quite easy for me, and there will often mistakes, and I hope that you will be lenient. I read and easily understand English, speaks moderately, but I have very little learned to write!
I hope that this effort will make you happy anyway!
Et merci à tous pour ces 1000 visiteurs!
Hoooo... It's great for my moral, 1000 visitors numbers approaching!
Hm, je me tâte depuis quelques jours... le fera, le fera pas?... payer environ 30 CHF pour une année de service premium de Deviant Art semble plutôt attirant, professionnellement parlant, et ce n'est pas cher payé pour les services que cela rend... je sens que je vais craquer!

Ha, et après avoir rejoints quelques groupes, dont des Romands, j'ai crée un groupe spécial Tigres Volants, validé cette nuit. Je pense qu'on en reparlera très vite.
I'ts time to really use the fonctions and role of my Deviant Art Gallery. I actually prepare some of my stuff to upload in differents category -ho gosh, I'v really created categories in my Deviant Art. I'm surelly sick, no?
So, end of english speackin, I expeted you're much to visit nows pages and news adds et art!

Et si je lis fort bien l'anglais, et le parle de manière acceptable, par tout les saints, que je déteste l'écrire, bien que ces derniers temps à ma grande surprise cela vienne.
Tout ça pour dire que de nouvelles catégories, de nouveaux ups et dessin, venant tout droit de mes archives et de mon blog, en attendant quelques futures nouveautés!